LES ORIGINES

Né dans le Bronx et issu des communautés marginales des villes et banlieues, l’art du graffiti est lié à la culture Afro-Américaine (origines africaines-antillaises-jamaïcaines).


Le graffiti fait parti du « Hip-Hop » qui comporte également  le chant avec le Rap, et la danse avec le Hip-Hop (ou Break – Smurf – Hip…). Ces 3 éléments sont indissociables du mouvement New Yorkais fondé en 1974 par Afrika Bambaataa, ex-chef de gang et figure emblématique du Hip-Hop.


Le Graffiti a permis d’exorciser la révolte des jeunes de cités, confrontés à des conditions de vie précaires et dangereuses dans leurs quartiers. Il traduit « La frustration d’une population citadine pour créer sa propre forme d’art sans essayer de plaire au grand public ».


Les premiers graffitis sont clairement révolutionnaires et rebelles car ils sont représentatifs de la marginalité de ces créateurs et de leur influence envers la politique qui fut menée par Martin Luther King pour la reconnaissance de l’égalité raciale. On retrouve en effet des thèmes récurrents comme le racisme, la violence et toute l’histoire concernant l’identité culturelle des Afro-Américains (comme la Harlem Renaissance, les marches des Noirs américains réprimés dans les années 60, l’apartheid…) mais aussi des thèmes plus légers comme l’univers de la bande dessinée ou des figures du spectacle et de la musique américaine.


Avec le temps, le mouvement va s’étendre aux USA et dans toute l’Europe, créant des styles et des mouvements dans le Graf qui permettront d’élargir cette peinture et de la faire entrer dans le milieu du marché de l’art et des galeries.

En ce qui concerne la France, le Graffiti percera dans les années 80 et sera soutenu et valorisé par le mouvement « Figuration libre » avec des artistes tels que Jérôme Messager ou Claude Costa qui travaillent sur les murs de Paris.

Le mouvement trouve son envol avec l’exposition « Graffiti et société » au Centre Georges Pompidou à la fin des années 80 qui valorise le graffiti en l’inscrivant dans le patrimoine socioculturel. Affilié à des formes primitives (grottes de Lascaux), antiques (Pompéi) ou classiques (Restif de la Bretonne), le graffiti conquiert une certaine légitimité.
Toutefois, il faut rappeler que le mouvement Graf n’est pas cantonné à des artistes « reconnus » par les experts en art mais bien à de jeunes lycéens et chômeurs de la banlieue et des quartiers populaires. En effet, ce sont eux qui investissent le terrain vague près de la station Stalingrad où l’on peut voir leurs graffitis, transformant ce lieu en une galerie de plein air.

 

  TAG ET GRAFFITI

Indissociable du Graffiti, le Tag est la signature de la fresque d’un artiste graffeur. D’origine hispanique, il signifie « nom ».
Les tags sont apparus à New York et ont été révélés au public américain par un article de presse du New York Times en 1971.


Parmi les Taggeurs réputés apparaissent des noms qui seront considérés comme les pères fondateurs du Graffiti : Jean-Michel Basquiat qui signe SAMO ou Lenny Mc Gurr dont le Tag est le fameux Futura 2000.


Très controversés, les Tags ont agité les esprits et dissocié certains graffiteurs des taggeurs vandales, qui ne s’intéressent qu’au côté « sauvage » du Tag et qui ne comportent aucune symbolique artistique.

  TECHNIQUES ET SUPPORTS

Quoi qu’il en soit, les taggeurs et les graffiteurs utilisent des supports « volés » ; les murs abandonnés des quartiers populaires, les friches industrielles, les palissades de chantiers, les rames de métro, les trains, les stations, les couloirs, les toits, les catacombes pour Paris…Ils travaillent avec des pochoirs, des marqueurs et des bombes de peinture et utilisent de la peinture industrielle en aérosol sur de la pierre, du plâtre, du bois ou du métal.


Toutefois une fresque de graffeur se reconnaîtra toujours comme telle grâce à « un tracé rapide, spontané et dynamique allié à une grande rigueur mécanique ; la vitesse faisant partie intégrante de l’œuvre ». Les couleurs sont vives : « Un train orné de graffitis est comme une magnifique fleur d’Amérique du Sud, qui par ses couleurs remet de la vie dans la grisaille d’une ville » écrit le peintre pop art Oldenburg.


Pour représenter des graffitis figuratifs, symboliques ou calligraphiques, ils se réfèrent au lettrage et à la bande dessinée.
Cependant la référence historique principale reste les « Graffiti artists » du métro New Yorkais et plus particulièrement le trio composé par Keigh Haring, Jean-Michel Basquiat et Futura 2000.


Quelques artistes :

·         Les précepteurs : Ils ont fortement influencé les artistes graffeurs dans leur technique.

-          Keith Haring (1958-1988). Fasciné par le corps humain et les symboles, il travaille essentiellement sur les contours. Il se fait connaître en collant ses

feuilles de papier sur des emplacements réservés à l’affichage.

-          Jean-Michel Basquiat (1960-1988). De culture afro-américaine, il est influencé par l’art brut. C’est un marginal proche de l’univers de la rue. Il n’a pas de support particulier et il est proche du graf de par sa technique dynamique et nerveuse.

 

·         Les fondateurs : Ils sont les piliers du mouvement et des figures importantes du graffiti
- Futura 2000 (1956). Il fait évoluer le graf au-delà du simple lettrage, de la bande-dessinée pour privilégier un art gestuel dont le résultat s’apparente à l’abstraction lyrique.
- Rammellzee (1960). Grand représentant du mouvement, il est l’un des premiers à s’intéresser à la calligraphie. Il embellit les lettres et restitue leur langage graphique.

 

·         Les Français :
- Miss-tic. Il diffuse des messages poétiques par des pochoirs « poèmes ».
- Speedy Graffito et Surface Active. Utilisent le pochoir pour recouvrir très rapidement les murs de signes très personnalisés et reconnaissables. Speedy Graffito a évolué de son côté vers la création publicitaire.


 Lexique :

§         La Harlem Renaissance :
Le Harlem Renaissance fut entre les années 1920-1930, le vivier d’une culture afro-américaine flamboyante incluant des arts aussi divers que la littérature, la danse, le chant, le jazz, la peinture… Fondé par W.E.B Du Bois, un éditeur influent, la Harlem Renaissance était le fruit d’une idée claire et ambitieuse : grâce à l’Elite des intellectuels noirs américains, les afro-américains seraient libérés de l’oppression sociale et économique véhiculée par les Blancs.
Les revendications liées à l’héritage de la culture africaine ont permis de faire foisonner les multiples facettes de ce mouvement dans les arts et dans une littérature afro-américaine qui reste aujourd’hui, une référence en la matière.

 

§         Africa Bambaataa :
« Peace, Unity, Love and Having Fun » - Afrika Bambaataa
Pionnier dans son implication pour la promotion de la musique Rap, il est reconnu pour l’influence qu’il a eue dans toute la culture Hip-Hop.
Son nom d’origine est Zulu ce qui signifie en quelque sorte « Leader apprécié ».
Sur le plan musical, sur une période d’une vingtaine d’années, le père du Hip-Hop New Yorkais a travaillé avec des artistes tels que : James Brown, Bootsy Collins, Jungle Brothers ou Sting.
En 1990, Life magazine le figure parmi les personnalités les plus bénéfiques du XXè siècle, ayant largement contribué de par ses engagements sociaux et artistiques, à la promotion d’une image positive de la culture Hip-Hop.

 

§         Figuration Libre :
Le mouvement Figuration Libre, dit « populaire », s’inscrit faute de moyens, sur des supports de fortune : toiles libres, affiches, cartons d’emballage et vieux bidons. Plus tard, ces très jeunes artistes à l’époque créeront des œuvres monumentales, des compositions-environnements (sols, murs et plafonds peints) et des toiles de grand format.
Les artistes puisent leurs sujets dans la publicité, les mass médias, la musique rock et punk. Ils représentent également des objets de la société de consommation. Les scènes trouvent place dans une composition traditionnelle proche de la bande dessinée. La répétition du trait, le remplissage, ne laissent pas le moindre centimètre carré vierge. Les personnages de cette peinture sont modelés par un large cerne noir empli de couleurs vives posées de façon rapide.
Il va sans dire que la culture liée à ce mouvement est très similaire à celle du graffiti, que ce soient dans les revendications picturales ou la technique.


L’association AERO est le site des artistes graffeurs. On y trouve les dates d’évènements qui leur sont destinés (ex : La première compétition graffiti d’envergure Européenne à Dunkerque le 17 juillet 2004)

 

Pour completer cette historique du graffiti, nous vous suggérons de consulter la page de liens.


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